Témoignage sur le pardon

Ma plus grande victoire c’est d’avoir pardonné (Lulola)
La puissance du (par)Don (Ndolula)


Bonjour,

j’aimerais vous partager mon témoignage sur l’expérience que j’ai eu avec le pardon ( Ndolula).
Dans la tradition africaine ( Kongo) le pardon ce dit: Ndolula
Ndo signifie: la lumière qui se déplace à plus de 300.000km/s
Lula: punir.
En gros  Ndolula signifie: la lumière transmute « l’erreur »


Lorsque nous pardonnons dans ma tradition, le pardon implique naturellement "d'oublier" l’erreur.

 

C’est avec un coeur ouvert que je vous partage ce témoignage. Si vous y trouvez un quelconque jugement, je vous demande dors et déjà de me pardonner ( lulola). Nulle est mon intention de porter un jugement sur quiconque.
Je vous invite donc à lire ceci avec votre coeur, de faire preuve de discernement avec votre intellect et pourquoi pas comme moi, de passer à l’action.

 

Il y a un peu plus de 3 ans, j’ai vécu un processus de pardon par rapport à mon histoire familiale. Je relate ceci dans mon livre Fragment de vie amoureuse. La puissance du (par)don.
A l’époque, je pensais m’être libérée de certaines charges en lien avec mon chemin d’âme, à travers la lignée familiale que j’avais choisie pour m’incarner. J’étais loin du compte ;-)
Oui, loin d’avoir réglé mes comptes et coupé avec certaines alliances. Certains utiliseraient le terme de dettes, d’autres de karma. Peu importe le nom que chacun voudra bien lui donner, pour ma part, il s’agissait avant tout de me remettre à l’Origine de ce qui m’arrive. Non pas parce que j’ai commis une faute, mais par ce j’ai des inaccomplis à accomplir par rapport à mon parcours d’Ame.

 

A l’époque de l’écriture de mon livre, je n’avais pas partagé l’histoire de mes origines africaines, à travers ce que l’Afrique a connu lors de l’esclavage et tout récemment avec la colonisation. Parce que je pensais être sortie de l’identification à ma culture, à ma race…je n’avais pas trouver nécessaire dont parler. Encore une fois, j’étais loin du compte ;-) puisque la mémoire de mes cellulaires reprendra le dessus quelques temps après la sortie de mon livre.

 

Puis lorsque mes mémoires sont remontées, j’ai donc été regardé à l’endroit de mes origines.  
C’est donc à travers l’histoire de l’Afrique, que ces mémoires bien cachées et fermées à triple tours au fond d’un tiroir, ont refait surface. J’ai découvert une histoire falsifiée.
Durant toute mon enfance et mon adolescence, ce que j’avais appris à l’école sur l’histoire de l’Afrique était falsifié à plus de 60 % si je reste modeste :-(
Enfant, je me demandais pourquoi notre histoire, était écrite par des personnes extérieures à l’Afrique. Je n’avais pas poussé ma réflexion plus loin, en questionnant des personnes qui auraient pu m’apporter des réponses. Je trouvais par contre naturel que l’histoire que les Juifs ont vécu lors de la 2e guerre mondiale était écrite par eux mêmes, que l’histoire de la Chine, par les chinois et ainsi de suite. Mais l’Afrique était le seul continent où je n’avais pas vraiment de trace de son histoire, jusqu’au moment où je suis tombée sur les travaux de Cheikh Anta Diop. J’ai donc appris qu’à l’école, j’étais dans un système qui m’avait fait croire ce qu’il avait envie que je crois « croix »  :-(((.
Une GRANDE colère est remontée à ce moment là.

 


Colère que je n’avais jamais jusqu’ici touchée et qui était bien au delà de ma personne. C’est une colère liée à l’esclavage, à la colonisation et aux conséquences que les religions comme le christianisme et l’islam ont eu en Afrique, puisque « ces religions les coupaient » de leur propre tradition. Si je ne tenais compte que des faits, bien entendu il y avait de quoi être en colère, en rage et en vouloir à la terre entière, aux personnes qui ont commis ces atrocités, et même à dieu… Durant trois semaines, je vivais un sentiment de haine, mépris, colère… envers non seulement les personnes qui avaient commis ces crimes, mais aussi et SURTOUT envers mes ancêtres qui « s’étaient laissé » aliéner.

Même si j’étais consciente de la séparation que je faisais en vivant cela: en gros l’occident a fait ceci CONTRE les africains et les indiens, c’était plus fort que « moi ». Mes sentiments avaient pris le dessus sur ma raison et tout ce que je pensais connaitre d’un point de vue INITIATIQUE, c’est à dire que nous sommes à l’ORIGINE de ce qui nous arrive. Mon petit moi avait pris le pouvoir, ainsi que la douleur contenue dans mes mémoires cellulaires. J’en avais fait une souffrance presque identitaire. Bon, heureusement que cela n’a duré que trois semaines ;-).

 

Comme je l’ai dit plus haut, même si intellectuellement j’étais bien consciente que nous sommes à l’Origine de ce qui nous arrive, au moment où j’étais rattrapée par mes mémoires, la place de ma quête de sens à travers ma démarche spirituelle et initiatique était loin derrière :-(((

Puis j’ai partagé avec mon père certaines choses que je vivais suite à ce tsunami émotionnel.  En l’écoutant, je me suis souvenue que lui et ma mère nous ont toujours appris les choses par l’exemplarité. Alors j’ai vu qu’à aucun moment, ils n’avaient abordé ces sujets en ce plaignant ou en accusant….cela m’a aidé à REPRENDRE la RESPONSABILITE de ce que je choisis de vivre. J’ai donc choisi de prendre soin de ces mémoires, non pas en les niant, mais en écoutant ce qu’elles me racontaient. Oui, ce qu’elles racontaient de Domoina Bokomba et son histoire d’Ame. Mais surtout de l’inaccompli que j’avais en ce qui concerne mes RACINES, mes ORIGINES.

J’en avais voulu à mes ancêtres de s’être coupés de leur racines. Cependant, en regardant plus haut, c’est moi qui m’étais coupée d’elles. Il n’y avait donc plus personne à accuser, puisque c’est moi qui suis à l’origine de toute cette histoire.

 

Le 26 septembre 1998 je partais du Congo (Kongo), avec un sentiment de tristesse de devoir quitter mon pays pour mes études « supérieures », et en même temps, avec une colère envers tout le système politique en place, car à « cause de la guerre de 1997 » tous mes plans avaient été remis en question. J’avais non seulement de la colère envers les gouvernements en place, et aussi de tout le système politique international que je rendais encore plus responsable de la guerre que nous avions connu. Encore une fois, c’était plus facile pour moi à l’époque de mettre au dehors la raison de ma souffrance, afin de justifier ma colère, ma douleur…et garder mon « coeur fermé ».
Je suis donc arrivée en France le 27/09/1998, nous étions en jour 9. Signe d'un nouveau commencement ? Plus tard je comprendrai qu’il m’aura fallu deux cycles de 9 ans pour revenir à la Source 18 ans plus tard ;-)

 

C’est au travers le (par)Don, l’ultime voie pour aider à la libération de mes mémoires de douleurs, d’injustice, de colère, de haine, de mépris….que j’ai pu vraiment lâcher les armes et laisser mes larmes me laver de tout ce que je séparais et divisais.
J’ai entrepris un véritable processus pour demander pardon, car je suis la Source de ce qui s’est passé, puisque je suis à l’origine d’avoir coupé avec mes racines. Ce n’est pas mes ancêtres qui se sont coupés, mais bien moi.  J’avais coupé avec la Grande Origine, la Source des Sources. Oui, je me suis coupée de la SOURCE UNIQUE en co-créer la séparation.
J’ai séparé les choses en disant qu’il y des bons et des méchants, des victimes et des bourreaux…et aussi des sauveurs ;-)
Pour ma part, je préférais me placer dans le rôle des victimes ou des sauveurs, c’était bien plus confortable n'est ce pas ? ;-). Toute façon, nous savons tous que nous avons joué et nous jouons toujours tous les rôles en même temps.

 

En reprenant ma responsabilité, le chemin du pardon était plus aisé et facile, puisque je lâchais avec le chemin de CROIX ( avec son lot de souffrance, de croyance…) pour le chemin de COEUR.
L’un des chapitres de mon livre est « retour aux sources ». Cette fois ci, je pensais avoir trouvé le chemin de la SOURCE, puisque je pensais encore qu’il fallait la chercher. J’ai réalisé bien après, que la Source ne se cherche pas. Je m’étais coupé d’elle, et avec mon processus de pardon, je retrouvais ma connexion.  

 

J’aime bien faire cette analogie avec le téléphone portable. Certains ont le dernier des téléphones et n’ont pas la puce pour appeler leur opérateur: dieu ( Bouygues, sfr, orange, neuf télécom…). Ils passent des appels, ça sonne dans le vide :-(
D’autres ont le téléphone avec la puce et appellent leur opérateur dieu: (Bouygues, sfr, orange, neuf…). Ils pensent qu’ils ont trouvé la Vérité, alors ils se battent et tuent… au nom de leur opérateur :-(
D’autres ont le téléphone avec la puce et appellent l’opérateur mais réalisent qu’il manque quelque chose, car cet opérateur n’est pas la source des sources. Alors ces personnes continuent à La chercher. Et un jour, elles réalisent qu’elles avaient juste oublié de rentrer le code PIN (PAIX INFINIE pour toutes les NATIONS)

Dans " Nation Nègres et Culture " Cheikh Anta Diop démontre la parenté des langues et cultures « nègres » avec l'Egypte antique. Aujourd'hui il n’y a plus de débat à faire, n’y de doute à avoir sur la véracité scientifique de l'identification des grands courants migratoires et la formation des « Ethnies » Africaines. Il nous parle de la falsification moderne de l’histoire et d’autres thèmes très passionnants. Je ne peux que vous inviter à découvrir ce qui a longtemps été caché et modifié dans l’histoire de l’être humain (MUNTU).

Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui font des travaux de Cheikh Anta Diop, une nouvelle « arme » pour créer encore plus le fossé qui nous sépare les uns des autres. Ils utilisent ses travaux comme pré texte pour garder leur coeur « fermé ». Je nous invite juste à faire part de plus de discernement et de mettre un peu plus d’intelligence du coeur, dans nos pensées, émotions et actions. Puisque le désir pour beaucoup est de voir un monde où les valeurs de paix, de justice et d’harmonie... prendront la première place.
Je nous invite à utiliser les lois et principes de l’univers pour reprendre notre responsabilité et sortir de l’accusation, de l’état de victime ou de bourreau…

Vous savez tous que là où nous fixons notre attention, nous nourrissons ce que nous regardons et pointant du doigt.
Chaque fois que nous accusons, blâmons ...des personnes qui ont commis ou commettent des crimes, qu’est ce que nous faisons ? réfléchissons ? L’énergie suis la pensée…

Je peux comprendre, entendre la colère, la révolte, la haine, le mépris que nombreux vivent suite à tout ce qui se passe encore aujourd’hui dans le monde. Je suis moi aussi passée par là. Je ne vais donc pas jeter la première pierre ;-). Ma question est: qu’est ce que nous faisons concrètement pour changer les choses ? qui sommes nous pour juger que telle chose est bonne ou mauvaise ? qui jugeons nous ? qu' il y a t’il de l’autre coté du miroir ?

Ce que je vois, entends, dans ce qui se passe dans certaine « communautés » me rend triste. Un patient me partageait comment son énergie était plombée lorsqu’il passait des soirées avec des gens qui passent leur temps à réfléchir sur, je cite: « comment on va trouver le moyens de fouttre tous les arabes dehors ».
D’autres vont avoir le même discours avec les Noirs, les Juifs, les Blancs, les Asiatiques, Indiens et c’est infini. Voilà l’un des moyens que nous avons d’entretenir l’illusion de la séparation. Nous en sommes encore là alors que l’ère du verseau (Tandu dia kinaki masa) pointe son nez.
Jusqu’à quand cela va t’il durer ?
Comment voulons nous retrouver l’unité avec les autres si nous sommes nous même séparés à l’intérieur ? Comment pouvons nous incarner l’amour (Zola) si nous nous croyons être séparés de la Source d’Amour?

Je n’ai pas de leçon à donner, car je suis loin d’incarner l’Amour. J’ai des échantillons de ces états d’amour, mais ne suis pas encore arrivée à la « Zola attitude » (l’amour inconditionnel) 24h/24.

 

Mon désir en vous écrivant, était de vous partager ce que le pardon m’apporte dans mon quotidien. Mon père me l’a encore rappelé il y quelques jours: «  le pardon est la chose la plus puissante qui existe pour laisser l’Amour circule à nouveau ». Je suis entièrement d’accords avec lui. Lorsque nous pardonnons, nous laissons la lumière (Amour) nous traverser et c’est elle qui « re ouvre » ce qui était « fermé ». Pardonner et oublier m'a dit mon père il y a quelques années. Je réalise des années l'ampleur de cette phrase. Comme c'est la Lumière qui transmute l'erreur, naturellement nous oublions naturellement en pardonnant.

 

Pour celle et ceux qui voudront faire du pardon leur bâton de pèlerin, bienvenue.
Après le pardon c’est la gratitude que je cultive. Puisque qu'elle découle du pardon.

 

Puisse la Source Unique nous accompagner et nous bénir.

Domoina